Le champ qui sait

La réponse  et la sagesse des bonnes solutions en constellations systémiques, ne vient pas tellement de nous, le constellant (client) ou du thérapeute- mais plutôt du champ énergétique de la constellation elle-même. Nous sommes trouvés par une solution bien plus que nous l’a trouvons ou l’inventons. Le champ énergétique d’une constellation, correspond le mieux au sens que le biologiste, Rupert Scheldrake donne au « champ morphique » : tout est organisé par des champs – du photon, au flocon de neige en passant par les planètes jusqu’aux être vivants. Suivant l’organisation du champ énergétique se créent des formes ainsi que des qualités d’esprit de toute apparition.

 

Il faut bien se dire qu’un champ possède une mémoire de son histoire et également qu’il entre en résonance avec d’autres champs et apprend et se développe constamment. Dans le cas qui nous préoccupe, c’est-à-dire dans le cas d’une constellation qui révèle la perte d’un jumeau : le savoir entier sur le développement embryonnaire ainsi que le développement de la famille et ses ancêtres est contenu dans le champ ouvert par la constellation. Ce que  Scheldrake appelle la Résonance Morphique est l’expression perceptible (visible- ressentie- sensible) de cette mémoire.

 

Et les réponses ne se manifestent, venant de ce qu’on appelle en Gestalt thérapie l’arrière- plan ou le Fond, que jusqu’où nous sommes prêts à recevoir la réponse. C’est ce qui explique pourquoi une telle image de jumeau perdu, par exemple, peut survenir à un moment de la vie, ou à un moment du processus thérapeutique plutôt qu’à un autre. D’où nous sommes, dans notre conscience et développement, nous entrons en résonance avec la mémoire d’où nous venons et par le non agir, simplement en étant complètement Ici- et -Maintenant, nous invitons la mise en évidence de la réponse à notre question. Albrecht Mahr appelle ce non agir « l’oubli de soi instruit » ou encore « l’oubli de soi expérimenté ».

 

Bien sûr, il est important ici, pour satisfaire notre besoin d’éthique, de rappeler qu’il s’agit aussi d’un accompagnement qui doit être fait par des personnes formées avec de sérieuses bases de psychothérapie, une bonne connaissance de soi ainsi qu’ une conscience réaliste de ses propres limites. Cela permet de diminuer les risques d’induction projectives du thérapeute. Une bonne solution, comme on le dit en constellation, n’est pas là pour satisfaire le thérapeute et son ego, elle apporte un réel soulagement, une réelle force au constellant. Le critère de pertinence ou de validité d’une hypothèse, telle que l’expression d’une hypothèse de perte de jumeau par le thérapeute ( l’accompagnateur), est l’apaisement ressenti par le constellant (client, patient).

 

C’est ainsi que le « Champ qui sait » exprime son mouvement, qu’il est recueilli par le thérapeute et le constellant et qu’ils explorent ensemble l’effet de celui-ci. Cela demande souvent plus d’une séance, avec la possibilité de « digérer », enraciner, gérer, comprendre et accueillir tout ce qui émerge et se réorganise, ceci à tous les niveaux de l’être (physique, émotionnel, rationnel, spirituel).

 

*Article paru dans « Praxis des Familien-Stellens »-Gunthard Weber(Hrsg) ; Carl-Auer-Systeme Verlag